Morwenna

Pour changer, ce week-end, c'était cinéma. Faut bien reprendre les bonnes vieilles habitudes. Nous avions fait d'autres choses avant (j'entends déjà les ricanements, ah la la, ne soyez donc point si grivois - je rappelle que ce "nous" concerne deux damoiselles, dont une Morwenna en couple avec un certain R., et heureuse de l'être), bref, d'autres choses disais-je, sur lesquelles je reviendrai dans un prochain billet.

Un film, donc. Cette fois-ci, cependant, nous avions placé la barre un peu plus haut. Une comédie romantique à la sauce américaine? Que nenni, chers lecteurs. Non, une biofiction sur un des plus célébres poètes romantiques anglais, Keats, mort à 25 ans d'une tuberculose. Basée essentiellement sur son histoire d'amour avec Fanny Brawne, soit (on est midinette ou on ne l'est pas, hein), mais film historique tout de même.
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Le pitch:
Nous voilà transporté en 1818. Le poète John Keats, agé de 23 ans vient séjourner dans un petit village près de Londres, chez son ami Charles Brown. Il y rencontre Fanny Brawne, la fille de ses nouveaux voisins. On ne peut pas dire que c'est le coup de foudre entre les deux jeunes gens. Fanny ne comprends pas la poésie, aime se divertir et semble surtout intéressée par la mode - elle confectionne elle-même ses robes. Cependant, la maladie du frère de Keats va les rapprocher, et leur attirance mêlée d'agacement va devenir une brûlante passion. Cependant les obstacles s'accumulent (sans problèmes, pas d'histoire, évidemment...). Keat n'est pas ce qu'on peut appeler un bon parti pour une jeune fille de bonne famille - épouser un poète sans le sous ? Allons bon! Brown voit d'un mauvais oeil relation, qui accapare le jeune homme et l'empêche d'écrire. Et. Surtout. La maladie s'en mêle...
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Bon. "Bright star", c'est comme Titanic: on sait pertinamment que cela va finir mal. Sauf que c'est mieux que Titanic.
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J'ai versé ma petite larme, j'avoue. Pas si petite que ça, la larme, qui plus est.
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Ce film est un petit bijou de délicatesse. L'image, d'abord. Magnifique. Chaque plan semble être un tableau merveilleusement réel, merveilleusement lumineux, poétique. La musique vient compléter ce délice visuel, légèrement, sans trop insister...
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L'émotion est là, à fleur de peau. Certes, leur histoire d'amour est finalement assez platonique, seulement quelques baisers, quelques frôlement de mains. Mais. Derrière cette pudeur, j'ai pu ressentir toute l'intensité du désir qui anime les personnages; le feu sous la douceur, pour ainsi dire. Pas besoin de baiser langoureux, cette chasteté est finalement presque plus sensuelle que les scènes crues auxquelles les réalisateurs cédent de plus en plus facilement.
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Bien sûr, on pourrait trouver ce film un peu long. 2h25 pour raconter une histoire d'amour de deux ans, sans grandes péripéties. Oui, c'est un film calme; mais c'est ce qui fait son charme, sa magie. Il faut se laisser bercer par les mots de Keats, envoûter par le charisme de l'actrice principale, savourer la beauté de l'image. La beauté de leur amour.
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Ce film est à l'image des mots même de Keats: "A thing of beauty is a joy forever".
Je suis ressortie de ce film appaisée, triste, enchantée, aussi.
Et avec l'envie de lire du Keats. Of course.

A vos agenda, donc: en Janvier 2010, réservez vos places pour "Bright star"!
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Pensées poétiques.
Morwenna
J'ai cette chanson dans le tête - "We wish you a merry Christmas, we wish you merry Christmas, and a happy new year...". Oui oui, un chant de Noël. Comment ça, c'est un peu tôt? Apparement, en Angleterre, non.

Je sais qu'en France, les supermarchés comment à remplir les rayons de jouets et de chocolats - au grand dam des parents qui ont eu la bonne idée de faire les courses avec leurs enfants. Les catalogues commencent à arriver dans les boîtes aux lettres, ce qui donne des "mamaaaaan, je veux le bébé qui parle/marche/pleure/fait du bruit tant qu'on a pas trouvé le bouton off bien caché pour avoir la paix pour Noël".
Soit.


Sauf qu'en Angleterre, ça a déjà commencé depuis un bout de temps, tout cet élan commercial autour du Papa Noël et compagnie.
Début Septembre, les rayons cartes postales étaient déjà colonisés par les cartes de voeux dorées.
En Octobre, jouets, babioles et autres cadeaux de Noël faisaient leur apparition. Vous me direz, si on aime faire les choses en avance, là au moins, on est servi!

En ce moment, on commence à atteindre le paroxysme du commercial. Les devantures des magasins s'ornent d'affiches aléchantes, qui promettent des prix défiants toute concurrence, et un choix équivalent. Publicité mensongère, cela va s'en dire - n'oublions pas qu'Oxford est une des villes les plus chères d'Angleterre, cette dernière étant déjà peu appropriée aux petits budgets.
Quant aux magasins eux-même... C'est Christmas land. Des présents en veux-tu, en voilà, papiers cadeaux à profusion, affichettes partout...

De quoi perdre l'esprit de cette fête. De quoi être dégoûté de Noël avant même que Décembre arrive...

Il est loin le temps où les enfants étaient heureux avec des oranges et du chocolats...
Ou des jouets comme ça:

(Pitt Rivers Museum - Oxford)

Mais. Bon. Je dois avouer que même si tout ce tralala m'amuse (ou m'effraie?), que même si je me demande si on ne va pas finir par acheter les cadeaux de Noël en Juillet... Même si. Même si c'est commercial, même si mon regard là-dessus est un peu cynique. Même si, même si...

Pour une fois. Je me laisse porter par cette magie.
Je n'aime pas les fêtes de fin d'année. D'habitude.
Aujourd'hui, je sens un changement. J'ai presque hâte d'y être, de partager ces moments avec vous.

De voir les maisons se parer de leur costume de fête. De chercher LE cadeau, celui qui fera plaisir, d'espérer voir naître un sourire sur le visage de celui qui déchirera l'emballage soigneusement confectionné. De me nicher dans les bras de mon chéri, près de sa cheminée, et de penser à Noël. Voir les guirlandes du sapin clignoter (dis, dis, Romain... Il y aura un VRAI sapin chez toi, cette année?). Voir ma famille. Déguster ces friandises qui semblent avoir un goût différent en Décembre que les autres jours de l'année.

Tout ça, et bien d'autre choses encore. Juste passer ces instants en compagnie de ceux que j'aime.


Oui, cette année, c'est étrange. Je retrouve un peu la magie de Noël...

Pensées mi-figues, mi-raisins.

Morwenna
Ca y est, l'heure du retour à Oxford a sonné.

Question de ne pas trop faire dans le pathos, je dirais juste que la séparation n'a pas été des plus faciles. Pas vraiment envie de quitter ses chers tendres, la Morwenna, et un peu frustrée de ne pas avoir eu le temps de les voir plus, et de les voir tous...
Enfin, bref, j'ai dit que je laissais les violons au placard, donc passons.

Le retour s'est bien passé, pas de retard de train, ce qui est déjà pas mal. Il pleuvait à Lille - à tel point qu'ils ont été obligé de mettre de la sciure au sol, jamais vu ça avant. A Londres, par contre, pas de pluie à l'horizon. Le lendemain non plus.

Mais, mais, mais. C'était un joke. La perfide Albion m'a surprise ce matin: me suis fait trempée, et bien comme il faut, s'il vous plait.
Welcome in England, miss !

A part la pluie, et la nuit qui tombe à 16h30, tout va bien sinon. Je suis quelque peu fatiguée, la motivation n'est pas vraiment au rendez-vous, et vous me manquez, mais je suppose que cela va passer. Le temps d'adaptation, tout ça. Enfin, je crois.

Morwenna a vraiment besoin de son "chez-soi", dirait-on. D'un lieu où elle se sente à l'aise, moins intruse. Indépendante. Posée.
Peut-être qu'ainsi la motivation reviendra.

Je vous dis à très bientôt, chers lecteurs.


Pensées en hibernation.