Morwenna

Même le thé se pare de votre image.
Il y a vos sourires dans les reflets de l'eau. Il y a les souvenirs.
Je cherche votre tendresse dans les volutes vaporeuses qui s'échappent de la tasse.


Une semaine. Et. Je serais avec vous.
Si j'ai de la chance, j'irai manger grec avec F., papoter à la terrace d'un café avec L., boire un thé chez K., fumer une cigarette avec S. et peut-être envoyer un "big câlin dans sa face" à M. au passage, écouter les derniers potins de la khâgne compilés par N., partager quelques heures avec A. Entre autres.

Une semaine...
Et. Le rire de ma maman. Ses bras, à lui, ses yeux qui pétillent, ses fossettes craquantes.

Retrouver les odeurs familères d'encens et de Hugo Boss. M'y nicher.
Reprendre des forces.


Une semaine, encore, où mon thé aura un goût d'absence, mais aussi. D'impatience.
Morwenna

Quand il fait froid, qu'il vente ou qu'il pleuve, à défaut de partir au soleil, il fait bon de se réfugier dans les bras d'un livre. Un petit billet lecture, donc.


Je lis régulièrement des romans légers, féminins. Sucrés. Le genre d'histoire dans lequel on se glisse aisément, qui tient chaud pendant quelques heures; des romans comme des pulls en mohair, doux et confortable. J'ai ainsi lu d'autres livres de katie Fforde, ou découvert Lisa Jewell avec The Truth about Melody Browne, un roman pas si léger qu'il n'en a l'air.

Mais. Je lis maintenant l'anglais de façon beaucoup plus naturelle. Alors... Envie de livres plus consistants. De romans dont on reste hanté, dont les personnages nous poursuivent, même une fois le livre refermé.


Je me suis donc plongée dans The Magic Toyshop d'Angela Carter ("Le Magasin de jouets magiques" en français). Un régal. J'ai eu la chance d'en voir une adaptation théâtrale mercredi dernier; c'était grandiose.



Ce court mais magnifique roman nous raconte l'histoire de Mélanie, une jeune fille dont on suit le développement intérieur; sa prise de conscience vis à vis d'elle-même, de son corps, de son environnement. C'est un roman noir moderne, un conte sur l'adolescence et le deuil, l'éveil à la sensualité. Une jeune fille qui, à la mort de ses parents, doit aller habiter chez un oncle étrange qu'elle n'a jamais vu qui aime plus les mannequins à taille humaine qu'il crée dans son magasin de jouet que sa famille - sa femme, muette depuis le jour de son mariage, les deux frères de sa femme.

Angela Carter nous emporte donc un univers à la fois étrange et familier; elle renoue avec la tradition des romans gothiques pour nous confronter avec notre propre vécu. A master-piece.



J'ai également dévoré The Forgotten Garden de Kate Morton (traduit par "Le Jardin des Secrets").



Une envoûtante saga familiale, mélant secrets enfouis, tragédie, contes pour enfant, recherches des origines, ainsi qu'une pincée d'amour. Trois époques, trois femmes, une même famille.

Ce roman est difficile à résumer... Il est dense, assez complexe, mais Kate Morton réussit à nous entraîner sur les pas de ses héroïnes sans nous perdre en chemin. Le suspense est bien présent, et les pages défilent... Si vous aimez les histoires de secrets de famille, de vieilles demeures, si vous avez appréciez Le Treizième Conte, alors je vous conseille fortement The Forgotten Garden.


The Outcast de Sadie Jones m'attend... Affaire à suivre!




Pensées fatiguées.
Morwenna
Au détour d'une rue, j'ai croisé un enfant.
L'ombre d'un jeune garçon, inscrite sur les pierres, inscrite sous le lierre.
On discerne presque un sourire sur ses lèvres. Ou peut-être était-ce ce que j'avais envie d'y voir.
Un symbole sur un mur. Entre douce tristesse et sourire d'encouragement. Juste l'image d'un enfant...
Et pourtant.