Morwenna
Eh bien, on peut dire que mon retour en France fut mouvementé.

Souvenez-vous... Je devais, à l'origine, passer une journée à Londres, puis prendre un Eurostar vendredi dernier à 8h afin de rester trois jours à Paris. Ça, c'était le projet de base.
Ce que je n'avais pas prévu, c'était l'irruption d'un pick-pocket dans mes projets.

Pourtant, tout commençait bien. Je suis arrivée à Londres en début de matinée, et ai débuté mon séjour par la visite du Geffrye Museum, un charmant petit musée retraçant l'histoire de l'intérieur des maisons bourgeoises. De magnifiques reconstitutions, riches en détails, pour un parcours très intéressant. Je me suis ensuite rendue sur Brick lane, pour une petite virée "shopping vintage"- où j'ai fait choux-blanc, mais tant pis. Après cela, direction Piccadilly pour explorer les expositions permanentes de la Royal Academy of Arts. C'est en sortant que tout c'est gâté. Quelque part entre Piccadilly et Regent Street (grosso modo, les Champs Elysées londoniens), un malotru a réussi à kidnapper mon porte-feuille.

A 7h du soir, en plein coeur de Londres, me voilà donc sans papiers et sans argent: carte d'identité, cartes bancaires, monnaie, tout m'avait été dérobé. Paniquée la Morwenna. J'étais dans la mouise jusqu'au cou: il faut des papiers d'identité pour passer la douane et une carte bancaire pour retirer les billets d'Eurostar, bref, je me voyais déjà bloquée en Angleterre.

Après avoir appelé mes proches - en larmes, of course - j'ai donc cherché le commissariat le plus proche. Là-bas, un papier m'a été fourni prouvant le vol de mes papiers. Plus qu'à attendre l'ouverture du Consulat français, le lendemain. Heureusement, il me restait ma carte de transport londonienne, qui m'a permis de rentrer à l'auberge de jeunesse, et de dormir (un peu).

Dès 8h, j'étais devant le Consulat, où je suis restée jusqu'à la fermeture, à 15h30. Charmant vendredi. Une journée à attendre mon passeport d'urgence, à appeler l'Eurostar, ma banque française pour faire opposition, courir à ma banque anglaise pour la même raison, et également obtenir un peu de liquide (ben oui, faut bien manger et surtout, ce petit passeport, il est loin d'être gratuit!). Petit soleil de la journée, un jeune Français qui attendait également un passeport m'a gentiment tenu compagnie et m'a même invitée à déjeuner. C'est-y-pas-mignon.

Finalement, moment d'euphorie quand j'ai pu enfin tenir ce bout de papier vert m'autorisant à franchir la frontière. J'ai pu attraper un Eurostar en fin d'après-midi, et suis arrivée à Paris, exténuée, vers 20h. Ah, Paris, ses métros plein d'escaliers, ses individus bourrés qui t'accostent à tous les coins de rue...
L'auberge de jeunesse Le d'Artagnan s'est heureusement révélée fort confortable. J'y ai rencontré un membre du personnel très sympathique, originaire du Monténégro, avec qui j'ai discuté trèèèèès longtemps. Mais. Tout n'était pas fini. L'auberge n'accepte pas les chèques. Je n'avais pas de carte bancaire, et aucun moyen de retirer du liquide en euro. Afin de ne pas passer la nuit dehors, j'ai donc du payer... en livre sterling - avec un taux de change merveilleux, cela va sans dire.

Le lendemain, la cavalcade recommençait. J'ai fait le pied de grue devant la Poste pour obtenir quelques euros (à 8h j'attendais, mais, évidemment, cela n'ouvrait qu'à 9h.). Ensuite, direction le Salon du Livre 2010. Une très bonne expérience, mais un peu trop de monde à mon goût (comment ça, c'était évident?!). En fait, le principal intérêt de la chose, c'est que j'ai pu y rencontrer des deuxième années du DUT info-com' métiers du livre d'Aix-en-Provence, que j'aimerais intégrer l'an prochain, ainsi que des professeurs. De belles rencontres.
Puis, petite visite du Marais, du magnifique musée Carnavalet et de la maison de Victor Hugo, place des Vosges. Pour finir, une agréable soirée en compagnie d'un ami parisien sur les Champs.
Pfiou.

Dimanche, tentative de grass' mat ratée. Du coup, j'ai fait une courte escale vers les Tuileries, afin de visiter le Musée des Arts Décoratifs. J'y ai eu une très intéressante discussion avec un agent d'accueil - qui me voyait d'ailleurs prof de philo. * rire *

Finalement, gare de Lyon me voilà. Je vous avoue qu'il était bien temps que je rentre chez moi.

Voilà donc comment un parfait programme censé être reposant et ressourçant s'est retrouvé être une vraie course éprouvante. Résultat, je me suis acheté un nouveau sac avec de NOMBREUSES fermetures éclairs. On ne m'aura plus, na!

Enfin, tout est bien qui finit (presque bien). Je suis en France, près de ceux que j'aime. Rha, qu'il est bon d'être chez soi! =)


Morwenna

Petite pause dans mes révisions afin de mettre quelques mots ici. Quelques mots d'impatience.
Je VEUX être en vacances, piaille la petite voix enfantine dans ma tête.

Envie de changement, envie de repos, de tendresse. Que mes exams soient finis, et qu'enfin je m'embarque pour trois semaines loin de la pluie d'Oxford (comment ça, les "giboulées de Mars"? Je ne veux pas en entendre parler. Laissez-moi mes rêves d'une France nimbée d'un léger soleil!).
Besoin de faire un break dans ma routine. De me ressourcer auprès de vous, de me retrouver aux détours des rues londoniennes, parisiennes, lyonnaises.

Oh, je ne veux pas dire que je ne suis pas bien ici. L'ambiance au college est sympathique, j'aime m'enrichir au contact de professeurs passionnés, passer des heures à la bibliothèque pour approfondir mes cours, me promener dans Oxford, faire de belles rencontres humaines au college ou à Oxfam. J'aime cette émulation culturelle, ma relative indépendance. Sentir mon anglais progresser.

Mais. Il y a le manque, toujours. L'envie d'être ailleurs. Un ailleurs peuplé de visages aimés, d'appels illimités, de nuits sans cauchemars.

Un ailleurs qui se rapproche. Un dernier examen demain, une après-midi au milieu des livres d'Oxfam, puis... Vous.
(Et le coiffeur, aussi. Je n'ose confier ma tête aux ciseaux anglais; une bonne coupe ne sera pas du luxe, ma tignasse vous l'assure!)

Hâte!

Pensées studieuses (enfin, presque.)
Morwenna
C'est par un temps typiquement anglais que ma coloc' et moi-même nous somme rendues à Winchester hier. L'escapade commençait sous de mauvaises auspices: un temps à ne pas mettre un chien dehors (donc deux Françaises encore moins) et un train en retard de 3/4 d'heure. Le bonheur. Heureusement, la petite étincelle de la découverte a repris le dessus, et cette journée s'est révélée bien agréable... quoique fatigante et humide (notez l'euphémisme).

Tandis que ma coloc' se rendait aux journée portes ouvertes de sa potentielle future université, j'ai découvert les charmes de la belle Winchester. J'ai été conquise par cette jolie cité médiévale, où chaque ruelle semble chuchoter des bribes d'histoire aux oreilles des visiteurs. Un peu de soleil n'aurait pas été de refus, mais mon parcours fut quand même sympathique.


J'ai d'abord visité the Great Hall, dernier vestige du château de Winchester. Elle abrite ce qui passe pour être la célèbre Table Ronde du Roi Arthur... Bien qu'elle n'en soit qu'une 'reproduction' (si tant qu'il en existe une originale) datée du XIVème siècle, je n'ai pu me départir d'un certain sentiment de magie et de nostalgique, en contemplant cette table peinte, suspendue au mur de pierre...




Je me suis ensuite dirigée vers la cathédrale de Winchester. Le monument est splendide, il y a une magnifique bibliothèque à l'étage, et surtout, cette cathédrale accueille la dalle sous laquelle repose Jane Austen. Il n'y avait pas foule de touristes (vu le temps, je les comprends...), le calme propre à une bâtiment religieux était donc de mise - ouf! Derrière la cathédrale, j'ai pu flâner dans un petit jardin romantique, où il doit faire bon lire au soleil (raté pour cette fois!).








Mes déambulations m'ont ensuite menées au musée de la ville de Winchester. C'est tout petit mais plein de charme. J'ai même pu essayer des chapeaux de style victorien... J'aime!



Enfin, après avoir arpenté les petites rues toutes mignonnes du centre-ville et avoir déjeuné dans un salon de thé-restaurant, j'ai retrouvé ma coloc' à la station de bus: direction Chawton, un petit village pittoresque à une demi heure de Winchester.




Pourquoi se rendre là-bas? Eh bien car c'est dans ce village pastoral que Jane Austen a séjourné à la fin de sa vie, qu'elle a révisé ses premiers manuscrits, écrit ses autres romans, et connu ses premiers succès littéraires . Sa résidence est désormais un musée fascinant. On peut y découvrir un intérieur du début du XIXème, imaginer Jane Austen écrivant sur sa petite table de bois (voir la seconde photo ci-dessous), jouant du piano, papotant dans sa chambre avec sa soeur bien-aimée... Un beau voyage dans le temps et l'univers de l'auteur d'Orgueil et Préjugés!






Voilà donc ma petite excursion dans le Hampshire! Je m'excuse par avance si ce billet n'est pas suivi par un autre avant un petit moment; la semaine prochaine s'annonce très chargée - trois jours d'examens, puis Londres & Paris.
J'essayerai de laisser un petit mot ici dès que possible!


Pensées impatientes.